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Art-O-Rama 2021, une édition adaptée à la crise

À Marseille, le Salon d’art contemporain revient avec un solide bataillon de galeries et éditeurs français et étrangers, de Ceysson & Bénétière à Meessen De Clercq. Entretien avec Jérôme Pantalacci, son directeur.

Jérôme Pantalacci. © Art-O-Rama

Avez-vous été contraint, comme tant d’autres salons cette année, de réduire le nombre de participants ?

Nous n’avons pas réduit le nombre d’exposants, puisqu’Art-O-Rama est depuis le début de format plutôt intimiste. Nous en avons même deux de plus : quarante-quatre galeristes et éditeurs cette année contre quarante-deux en 2019. Les stands et les espaces de circulation sont vastes, donc adaptés aux règles actuelles de distanciation sociale.

Quel est le principe de la nouvelle section « Dialogues »?

Nous demandons à deux galeries de travailler ensemble, pour créer un dialogue entre deux artistes qu’elles représentent. Nous espérons que ces enseignes pourront être présentes physiquement. L’idée sous-jacente de cette section, liée à la situation sanitaire évolutive, c’est de se dire qu’en cas de complications pour voyager, au moins une des deux galeries pourra être sur place et défendre chacun des artistes.

Josèfa Ntjam lors de sa performance Aquatic Invasion (2020) au Palais de Tokyo, à Paris, dans le cadre du programme de résidences « La Manutention ». Courtesy de l’artiste et Nicoletti, Londres. Photo Paul Fogiel

Quid du « Salon Immatériel »?

Mise en place en 2020 après l’annulation de la Foire physique, cette plateforme a pour but de proposer des œuvres textuelles et sonores. Nous avons considéré que, davantage que des peintures, ce que l’on entend dans une exposition ou que l’on lit sur un mur peut être apprécié sur un écran sans que cela nuise trop à l’expérience artistique. Il y a des textes poétiques, des protocoles de performances… De nombreux artistes ont développé ce genre de pratiques, mais il existe peu de supports numériques pour les promouvoir. Nous avons donc décidé de penser cette plateforme comme une section à part entière, qui est mise en ligne un mois avant le début de la Foire, soit dès fin juillet. Si cette section accueille pour une part des galeries qui exposent à Art-O-Rama, les enseignes dans l’impossibilité de voyager peuvent aussi y participer. Lors de la Foire, le « Show-room », sous la houlette du Brésilien Tiago de Abreu Pinto, présentera plusieurs œuvres de ce type, en vente sur la plateforme.

« nous demandons à deux galeries de travailler ensemble, pour créer un dialogue entre deux artistes qu’elles représentent. »

Avez-vous maintenu des événements autour de la Foire ?

Nous avons reconduit le programme destiné en priorité aux VIP, étalé sur six jours, en partenariat avec nombre de lieux du réseau Plein Sud. Dès la veille de l’ouverture d’Art-O-Rama, nous irons du côté ouest, au MoCo [Montpellier contemporain] à Montpellier, à la Collection Lambert à Avignon, dans divers sites marseillais, à Arles pour l’ouverture de Luma… Puis nous proposons de prolonger le séjour les lundi et mardi suivant la Foire, en allant cette fois vers l’est, jusqu’à Nice, pour revenir par le Var– Villa Carmignac et Villa Noailles. S’il est impossible de tout voir, il nous paraît important de montrer cette offre très riche.

Une spécificité d’Art-O-Rama, c’est qu’elle se prolonge autrement…

Nous avons dès le début estimé que la Foire cible plutôt les professionnels et amateurs aguerris. C’est pourquoi nous la prolongeons de quinze jours sous forme d’exposition destinée à un public élargi et plus local, sans les exposants, mais accompagnée par des médiateurs. Bien sûr, rien n’empêche un acheteur potentiel en visite de contacter alors une galerie si une œuvre l’intéresse!

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Art-O-Rama, 27-29 août 2021, exposition jusqu’au 12 septembre, Friche la Belle de Mai, 41, rue Jobin, 13004 Marseille.