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Critique
Expositions

À New York, le Met explore la résonance mondiale du surréalisme

L’exposition « Surrealism Beyond Borders » au Metropolitan Museum of Art de New York rend compte de l’influence du mouvement parisien sur les artistes du monde entier tout au long du XXe siècle.

L’exposition « Surrealism Beyond Borders » [« Le Surréalisme au-delà des frontières »] se penche sur l’influence internationale du Surréalisme, en examinant comment le mouvement artistique s’est développé à partir de ses origines parisiennes.

Koga Harue, Umi (The Sea) (1929). The National Museum of Modern Art, Tokyo ©D.R.

« LE SURRÉALISME EST PAR ESSENCE DYNAMIQUE, A VOYAGÉ ET ÉVOLUÉ D’UN ENDROIT À L’AUTRE ET D’UNE ÉPOQUE À L’AUTRE »

L’exposition du Metropolitan Museum of Art de New York sera présentée à la Tate Modern à Londres en février 2022. À Manhattan, elle occupe huit salles et réunit des centaines d’œuvres provenant de plus de quarante pays. Des pièces familières des pionniers du mouvement, dont Max Ernst et Giorgio de Chirico, sont présentées aux côtés d’artistes moins connus, tels que le poète et artiste portugais Artur Cruzeiro Seixas et le peintre argentin Antonio Berni, dont l’œuvre Landru in the Hotel, Paris (1932) est montrée en exemple de sa popularité en Amérique du Sud.

« Le Surréalisme est par essence dynamique, a voyagé et évolué d’un endroit à l’autre et d’une époque à l’autre », explique Stephanie D’Alessandro, la conservatrice du Met qui a coorganisé l’exposition avec Matthew Gale, senior curator-at-large à la Tate Modern. « Sa portée est et a toujours été transnationale, s’étendant au-delà des frontières pour réunir les idées et les personnes, tout en restant spécifique et locale dans son élan libérateur », poursuit-elle.

Artur Cruzeiro Seixas, O seu olhar já não se dirige para a terra, mas tem os pés assentes nela (1953). © 2021 SPA, Lisbon / Licensed by VAGA at ARS. Photo : Cupertino de Miranda Foundation, Guilherme Carmelo

Parmi les œuvres clés, l’exposition comprend le monumental Night Flight of Dread and Delight (1964) du peintre éthiopien-arménien Skunder Boghossian, dans lequel l’artiste a associé son expérience de la diaspora noire avec le Surréalisme et les influences stylistiques d’artistes tels que Roberto Matta. Les œuvres du peintre japonais Koga Harue et de l’artiste guatémaltèque Carlos Mérida montrent aussi comment les artistes du monde entier ont été influencés par le mouvement surréaliste après sa création dans les années 1920 et se le sont approprié.

Carlos Mérida, Plate 7, du portfolio Estampas del Popol-Vuh (1943). © 2021 ARS, New York / SOMAAP, Mexico City

« SA PORTÉE EST – ET A TOUJOURS ÉTÉ – TRANSNATIONALE, S’ÉTENDANT AU-DELÀ DES FRONTIÈRES POUR RÉUNIR LES IDÉES ET LES PERSONNES »

« L’urgence du Surréalisme reste d’actualité, d’autant plus qu’il représente une invitation à imaginer une attitude qui dépasse notre propre moment d’instabilité politique et sociale marqué par une pandémie, des difficultés économiques, des troubles sociaux, l’exil et les déplacements, ainsi qu’un nationalisme, un isolationnisme et une répression croissants, explique Stephanie D’Alessandro. La grande écrivaine surréaliste Suzanne Césaire a qualifié de manière poignante le Surréalisme de « corde raide de notre espoir » en 1943. »

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« Surrealism Beyond Borders », du 11 octobre au 30 janvier 2022, Metropolitan Museum of Art, 1000 Fifth Avenue, New York.