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Critique
Expositions

Le Mu.ZEE dévoile ses collections à Ostende

Rénovée pendant la pandémie, l’institution entend offrir un panorama le plus large possible de la création en Belgique, de la fin du XIXe siècle à nos jours.

Après l’arrêt des activités de cet ancien grand magasin à rayons multiples des années 1950, le bâtiment avait été transformé en musée d’art moderne provincial en 1986. En 2009, ses collections ont fusionné avec celles de la Ville d’Ostende pour donner naissance à l’actuel Mu.ZEE.

des dialogues souvent fructueux et des associations plus surprenantes confirment la qualité de cette collection.

L’accrochage, transversal, déploie les deux périodes principales de la collection sur deux vastes plateaux. La première couvre les décennies de 1880 à 1940. Deux peintres ostendais de renom, dont le musée possède un fonds important, James Ensor et Léon Spilliaert, en sont les figures de proue sans être particulièrement mis en exergue. Dans l’entre-deux-guerres, les expressionnistes flamands sont remarquablement représentés, à travers, bien entendu, Constant Permeke, natif de la région, mais aussi Gustave de Smet, Frits van den Berghe ou Jean Brusselmans.

L’une des salles du Mu.ZEE, à Ostende. De gauche à droite : Floris Jespers, Nu assis (1925), Constant Permeke, Le Chariot (1926), Hubert Malfait, Reflet (1929), Frits van den Berghe, Le Vagabond éternel (1925), Gustave de Smet, Nu au bouquet (1931), Constant Permeke, Sur le quai (1913). © D.R.

La génération intermédiaire des avant-gardes abstraites – Jules Schmalzigaug, Georges Vantongerloo, Pierre-Louis Flouquet, Victor Servranckx, Oscar Jespers – y trouve assez justement sa place, grâce à des confrontations et des rapprochements stylistiques pertinents. Théo Van Rysselberghe et Rik Wouters figurent également dans ce premier ensemble, caractérisé par la diversité et la puissance des gammes chromatiques dont tous ces artistes du Nord étaient friands.

une scène belge plurielle

En dehors d’aperçus dédiés au surréalisme et au groupe « Jeune Peinture belge » (1945-1955), l’essentiel de l’étage inférieur est consacré à la période qui a vu se constituer une scène belge, en contact direct avec les mouvements artistiques emblématiques des années 1960 à 2000. Pour la première génération, une certaine spécificité régionale est préservée, notamment par le biais de Roger Raveel. La deuxième génération réunit les peintres abstraits Raoul De Keyser, Dan Van Severen et Jef Verheyen, tandis qu’à leur côté, Paul Van Hoeydonck, Évelyne Axell, Vic Gentils, Thierry De Cordier, Philippe Vandenberg et Johan Creten témoignent de la diversité et de la richesse de cette scène.

Des dialogues souvent fructueux, par exemple entre des pièces de Lili Dujourie et de Jan Vercruysse, et des associations plus surprenantes – Marthe Wéry et Marie-Jo Lafontaine ou Panamarenko et Bernd Lohaus – confirment la qualité de cette collection, sans doute la plus représentative de l’art pratiqué en Belgique depuis cent quarante ans. La génération contemporaine n’est pas oubliée, puisque des œuvres majeures d’Ann Veronica Janssens, Marcel Berlanger, Pascale Marthine Tayou ou Otobong Nkanga ont été acquises dans les années 2000.

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« Du COO à l’art », jusqu’en 2022, Mu.ZEE, Romestraat 11, 8400 Ostende.