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Critique
Expositions

Lili Reynaud Dewar

Ayant étudié la danse classique et le droit public avant de se consacrer à la création artistique, l’artiste française puise dans ce parcours éclectique et place son corps – corps privé, corps public, corps politique – au cœur de ses recherches.

Les premières œuvres de Lili Reynaud Dewar (née en 1975), qu’elle conçoit lors de ses études à la Glasgow School of Arts, la montrent nue, dansant dans des lieux institutionnels vides. Ayant étudié la danse classique et le droit public avant de se consacrer à la création artistique, l’artiste française puise dans ce parcours éclectique et place son corps – corps privé, corps public, corps politique – au cœur de ses recherches. Sa pratique s’inspire de l’histoire des cultures alternatives et militantes, rendant hommage à ses figures tutélaires : Joséphine Baker, Guillaume Dustan, Jean Genet, Sun Ra ou Cosey Fanni Tutti. Au fil du temps, Lili Reynaud Dewar étend sa démarche à l’écriture, à la sculpture, à la vidéo et à l’installation, croisant toujours de grands noms des luttes issues de l’histoire du cinéma, de la musique, de la danse, de l’art et du design.

Lili Reynaud Dewar, Rome, 1er et 2 novembre 1975, 2019-2021, installation vidéo, 4 projections, couleur, son, 18 livrets A4 imprimés à 250 exemplaires chacun. Courtesy de l’artiste, de la galerie Clearing, New York/Bruxelles, et de la galerie Emanuel Layr, Vienne/Rome

Le Prix Marcel Duchamp est l’occasion pour elle de présenter un projet au long cours, entamé en 2019 à la Villa Médicis, à Rome, poursuivi au Japon et terminé cet été. Intitulé Rome, 1er et 2 novembre 1975, il revient sur les deux derniers jours du cinéaste italien Pier Paolo Pasolini, figure importante et récurrente de son travail. Dans une installation vidéo composée de quatre écrans, on observe des hommes et des femmes, proches de l’artiste, incarner successivement, chacun dans leur langue, la fin de la vie du cinéaste, et regarder une interview de ce dernier dans laquelle il évoque le rôle de l’art. L’œuvre prend une tournure plus personnelle lorsque chacun de ses proches – collaborateur, élève, ami ou membre de sa famille –parle de sa propre vie et de son rapport à l’art, participant à ce « portrait en mosaïque d’une communauté qui devient finalement un autoportrait en creux de l’artiste ».

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« Prix Marcel Duchamp 2021. Les nommé(e)s », 6 octobre 2021-3 janvier 2022, Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, 75004 Paris.